The Newscene | Emily Marant et Hugo Matha : French Cliché

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Emily Marant et Hugo Matha : French Cliché

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Aurore Hennion

contact@dull-magazine.com
Pourquoi avoir eu cette idée de lancer ce projet autour des jeunes créateurs ?
E: Lorsque nous nous sommes rencontrés, nous travaillons tous les deux sur des projets autour de l’identité française. Hugo venait de monter « Air Brigitte » une marque inspirée par le voyage et la création d'un branding d’une compagnie aérienne fictive, Emily se voyait proposer un projet d’exposition à Tokyo qui avait en toile de fond le fameux « syndrome de Paris ».
H: Le constat était simple, la scène émergente Française est en ébullition, comment pouvons-nous contribuer à son rayonnement ?
 
Qu'entendez-vous par label et maison d'édition ?
E: Nous sélectionnons de jeunes talents à qui nous proposons de réaliser un projet autour de la culture française et de leur vision, de ce qui en constitue l’identité. Dès lors, nous avons deux manières de travailler : le créateur est dans la capacité de produire son projet et nous l’intégrons à la collection ; ou le créateur propose un objet qui nécessite un certain savoir-faire, et dans ce cas, nous sourçons des artisans et accompagnons la production.
H: La finalité c’est une collection d’objets à valeur artistique, pensés et réalisés pour nous, donc exclusifs et tout en édition limité ( de l’œuvre unique à des éditions de 300 exemplaires).
 
Qui est derrière le projet ?
E: Hugo Matha, qui est créateur d’accessoires de mode. Hugo fait appel à son réseau de créateurs de mode pour faire partie du projet. Son experience de l’artisanat lui permet également de construire les passerelles pour nos collaborations créateurs / savoir-faire.
H: Emily Marant a créé le Studio Marant. Avec son agence de création, elle côtoie depuis plusieurs années des jeunes artistes et designers. La aussi, son réseau est mis à contribution. Emily apporte également son expertise sur la direction artistique de la collection. A deux, nous développons toute la partie business, les partenariats avec les retailers au site internet, il a du boulot…

Qui seront ces jeunes créateurs ?
E: Ils sont nombreux et viennent d’horizons variés, designers, plasticiens, céramistes, créateurs de mode, graphistes, etc. L’idée est de donner de la voix à la création émergente !
H: Ce sont des étoiles montantes, l’école est derrière eux et leur processus créatif déjà bien enclenché. Sous le radar des professionnels, des fondations et des institutions, nous aimons penser que French Cliché pourra leur donner un coup de pouce notamment à l’international . C’est souvent pour eux une visibilité et une expérience nouvelle, celle de la collaboration, que ce soit avec nous, nos partenaires ou des artisans.
 
Pourquoi autour de la France ?
E: Notre culture, nos manières et notre art de vivre rayonnent partout dans le monde. Nous voulons interroger nos créateurs contemporains sur leur vision de cette culture. L’art de vivre à la française évolue avec les générations, il est fait de permanence, de renouveau . Ce sont ces évolutions que nous voulons saisir à travers leur prisme.
 
Comment travaillez-vous ensemble ?
E: C’est avant tout une aventure, nous partageons énormément. Nous avons mis nos réseaux en commun, avons rencontré beaucoup de créateurs. Nous étudions chaque projet ensemble de l’idée à la distribution, c’est du cas par cas.
H: Durant ces deux dernières années nous avons beaucoup voyagé, pour rencontrer des partenaires à l’étranger, comprendre la scène internationale et pour affiner notre offre, savoir ce que nous pouvons apporter au marché.
 
Pensez vous que la façon dont on showcase les créateurs aujourd'hui est obsolète ?
E: Non, chaque modèle a ses avantages et ses inconvénients, il s’agit de trouver un équilibre. Nous pensons cependant que le Covid-19 va changer les choses. Si ce n’est pour toujours ca sera pour les prochains mois. Il faut s’adapter, être ingénieux.
 H: En ce qui concerne French Cliché, nous réfléchissons beaucoup à trouver un format qui nous corresponde, qui permette au public de découvrir nos éditions mais aussi les créateurs. On parle beaucoup de créer des liens, d’apporter des experiences humaines.
 
Avez-vous remarqué que la jeune génération s'intéresse davantage à l'art de nos jours ?
E: Avec les réseaux sociaux, tout le monde à accès à une plateforme pour exprimer sa créativité. Cela joue peut-être un rôle.

Est-il possible pour vous de collaborer avec des gens qui ne sont pas exactement sur votre longueur d'onde ?
H: Le principe c’est que le projet présenté intègre la collection soit comme une pierre à l’édifice, qu’il contribue à la vision d’ensemble. Nous discutons beaucoup avec les créateurs, les artisans pour arriver à un résultat final cohérent, la thématique générale, donc il faut quand même une certaine écoute et entente.
 
Vous avez toujours voulu être artistes ?
Emily : Pour ma part, j’ai assez rapidement écarté la piste d’être artiste lorsque post-bac j’ai fait une école d’art à Londres. En revanche, travailler avec des artistes a toujours été une évidence.
Hugo : Je suis de designer d’accessoires de mode. Après mon passage à l’école Dupérré, j’ai rapidement lancé ma marque éponyme. Je travaille avec des artisans depuis toujours grâce mon héritage, au domaine familial jusqu’au luxe parisien. Je m’emploie à créer des liens entre savoir-faire et design. Pour ma part, je ne pense pas que c’e soit une volonté d’être artiste, cela vient inconsciemment
 
À quoi rêvez-vous ?
Au succès de French Cliché !